Le vrai, à fond, pas les jolies paroles, pas la superficie, le profond, le dur, le fort.
J'ai passé tellement de temps à me torturer l'esprit et à chercher inlassablement, sans relâche (tiens tiens..) au travers des écrits, des pensées, des mots ce qui pourrait apaiser les miens, de maux.
Oubliant même l'un des fondements, cette phrase que je brandissais pourtant fièrement telle une bannière anti-dépression et dont j'étais fière d'en comprendre le sens, le poids, l'impact..
"La philosophie est inutile si elle ne chasse pas la souffrance de l'esprit"
Ahah, laisse moi rire. Ce que je ne comprenais pas c'est que, dans ma recherche désespérée et acharnée du mieux, je me suis emprisonnée, perdue, oubliée.
Jusqu'à n'être plus obsédée que par une chose : exprimer avec les mots les plus justes possibles la souffrance dans laquelle je me suis enfermée depuis toutes ces années.
Et je me suis retrouvée là, un beau matin, à me regarder dans une glace en me demandant "bordel mais qu'est ce qui ne va pas chez moi". Avant d'être forcée de m'incliner devant ce constat amer, la dépression.
Ah je ne parle pas de cet état agaçant dans lequel se laissent glisser certains qui décident de broyer du noir en permanence et de se laisser couler, incapables de se secouer les puces, de se bouger pour arranger les choses, non.
Moi je parle de ces émotions sournoises qui nous submergent et qui font que, même quand tout semble aller bien, quand tout devrait nous rendre heureux, il y a cette petite pointe sur le coeur, cette douleur inexplicable qui nous empêche de profiter de l'instant et qui nous plonge sans raison apparente dans un profond désespoir.
Dans ces moments là je vous jure, j'ai envie de me frapper. De m'insulter. De me tuer.
Oui, c'est ça, dans ces moments là je suis partagée entre l'idée que je ne mérites pas de vivre et celle que mourir serait après tout moins douloureux.
Et, rien qu'en l'écrivant, j'ai à nouveau envie de me mettre une sacrée bonne claque. C'est encourageant non? Ça veut dire que je n'ai pas abandonné, que je ne m'autorise pas à me laisser glisser, que je m'auto colle des coups de pieds au derrière.
Alors pourquoi ça ne change rien? Pourquoi ça ne va pas mieux?
J'analyse, je cherche, je me questionne et j'essaye d'avancer.
Ma souffrance naît de ma frustration.
C'est la piste que j'explore depuis de nombreux mois déjà. Et qui me donnent quelques réponses. Je passe mon temps à être frustrée, à avoir mal, mal de n'en avoir jamais assez.
Un vide à combler? Je crois bien oui.
Je n'irais pas jusqu'à dire que je n'ai pas été assez aimée durant ma petite enfance mais.. je crois que c'est ce que j'ai toujours ressenti. Le pire dans tout ça? J'ai toujours culpabilisé de le ressentir.
C'est atroce non? Culpabiliser de souffrir quand on est enfant. Mais j'étais comme ça, je n'ai jamais aimé avoir le sentiment de déranger, je ne voulais pas donner encore plus de bonnes raisons pour qu'on m'aime moins. Oui, déjà petite je réfléchissais trop, je n'arrivais déjà pas à vivre dans l'instant, je me torturais l'esprit.
Putain de culpabilité de merde.
Je crois que j'ai aussi beaucoup culpabilisé d'exister, culpabilisé de ne pas être assez bien, culpabilisé de ne pas être assez comme ma soeur, culpabilisé d'être là, d'être en trop.
Je crois que les choses viennent de là. Et, de cette culpabilité, est né ensuite un sentiment de manque. Un manque affectif. J'ai dû finir par accepter que je ne pouvais pas changer le fait d'être là, d'être moi, alors j'ai commencé à souffrir de ne pas me sentir assez aimée, pour ce que je suis et pour lequel je ne peux rien changer.
Je crois que si j'avais pu me faire disparaître quand j'étais enfant, pour arranger tout le monde, je l'aurais fait. Mais, n'ayant sans doute pas trouvé le moyen et étant trop jeune et innocente à l'époque pour envisager la mort comme une solution, j'ai dû me rabattre sur ce sentiment de manque et tomber dans le syndrome du calimero. "Mais pourquoi on ne m'aime pas?".
Et ce sentiment ne m'a plus quittée. Il a évolué, de plein de manières différentes, mais il n'est jamais vraiment parti et le pire.. je crois qu'il ne disparaîtra jamais.
Avec du recul je le rends compte que c'est ce qui a poussé bon nombre de mes actes et de mes comportements. Des petits amis que j'ai eu à mon attrait pour le monde animal, tout dans ma vie semble avoir été régit par le besoin de combler ce vide, comme une boulimique ingurgiterai compulsivement des tonnes et des tonnes de nourriture.
Sauf que, après, on vomit.
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